Économie du conflit

Le Groupe parlementaire multipartite pour la prévention du génocide et d’autres crimes contre l’humanité a animé une discussion sur l’incidence possible de la récession actuelle sur les droits humains de la personne et les crimes contre l’humanité. Voici quels étaient les thèmes et les experts qui ont pris part aux discussions. 1.  La récession engendre la répression M. Gillies et son collègue M. Abraham Sewonet Abatneh, de l’Institut Nord-Sud, ont examiné comment la récession économique actuelle peut déclencher et exacerber les conflits. La récession peut engendrer la répression en réduisant les recettes d’exportations de produits de base, les remises et les opérations de change, ainsi qu’en augmentant les niveaux de chômage et le prix des aliments. Dans les pays dotés d’un filet de sécurité sociale « effiloché » ou dépourvus de filet de sécurité, la récession peut donner lieu à des mesures de répression, à des conflits et à des crimes contre l’humanité. M. Abatneh l’a illustré au moyen d’études de cas dans le sud du Soudan, à Haïti et au Ghana. 2.  Récession économique et politique étrangère canadienne M. Manfred A. Bienefeld, de l’École d’administration publique de l’Université Carleton, a exposé les facteurs à long terme qui engendrent la récession et des gouvernements qui font fi de leurs citoyens. Il soutenait que la situation en Somalie montre bien ce qui risque de se produire si nous ne parvenons pas à un degré de cohésion. Il a ajouté que le Canada n’est pas à l’abri des difficultés découlant de la récession économique et que nous devons nous concentrer sur les vastes structures à l’origine de ces problèmes.

Journée Consacrée au Congo – Brisons le Silence

Depuis plus de 10 ans, la situation humanitaire et sécuritaire en République démocratique du Congo est catastrophique, mais l’opinion internationale y est peu sensibilisée. Des milliers de victimes congolaises sont abandonnées à elles-mêmes, surtout les femmes, les vieillards et les enfants, dans la plus grande indifférence. Les enjeux sont grands, le combat est réel, la cause est commune. Mme Mobina Jaffer,  sénatrice au Parlement du Canada, a organisé une journée consacrée au Congo, particulièrement aux violences sexuelles faites aux femmes et aux jeunes filles congolaises à l’est de la RDC. Cet événement ne pourra avoir d’effet que si tous les ressortissants congolais eux-mêmes y participent massivement.

« D’ici à ce que la violence cesse : Recommandations stratégiques»

Cette manifestation a donné lieu à une discussion avec un groupe d’experts, en présence d’organisations non gouvernementales locales et de parlementaires. Dans la foulée des manifestations du 28 avril, les recommandations stratégiques seront axées sur quatre thèmes : - la violence sexuelle : un crime contre l’humanité - la justice et les droits de la personne - la violence sexuelle et la problématique de la sécurité - les diasporas au Canada touchées par la violence sexuelle Cette manifestation est complémentaire, de par les enjeux qu’elle a abordé, des travaux du 28 avril, mais, en plus, elle a proposé des suggestions concrètes quant à l’apport que peuvent fournir les parlementaires canadiennes pour faire cesser le recours à la violence sexuelle dans les guerres. En guise de conclusion, les membres du groupe d’experts ont lancé un appel en faveur du lancement d’une étude sur les droits de la personne et de l’élaboration d’un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 des Nations Unies. 01-custom Paul Dewar serre la main avec un member de la communauté congolaise à Ottawa May 5 Panel Discussion Panneau en discussion

« D’ici à ce que la violence cesse : Ce que le Canada peut faire pour contribuer à la fin du recours à la violence sexuelle comme arme de guerre »

Le Groupe a organisé une manifestation créatrice et provocatrice pour informer les parlementaires de l’utilisation répandue, voire systématique de la violence sexuelle, de la « normalisation » du viol dans les guerres et de la volonté politique d’intervenir. Parmi les principaux conférenciers : - Eve Ensler : dramaturge, militante, fondatrice de l’organisation V-Day et témoin du recours à la violence sexuelle en Bosnie, à Haïti et en République démocratique du Congo; - Stephen Lewis : président de la Stephen Lewis Foundation et ancien envoyé spécial des Nations Unies pour le VIH/sida en Afrique. Les maîtres de cérémonie pour cette manifestation étaient Mme Françoise Nduwimana, qui est chargée de cours à l’Université du Québec en Outaouais, où elle enseigne le développement communautaire comparé. Elle travaille également comme consultante sur les rapports entre les sexes dans les contextes de la paix, de la sécurité et du développement.     De gauche à droite: Robert Fox, Oxfam Canada; Joanna Kerr, Oxfam Canada; Eve Ensler;  Dép. Paul Dewar (Président) Pour l’exposé d’Eve Ensler, cliquez sur ici.

Débat d’experts avec Eve Ensler

Mme Eve Ensler a demandé à rencontrer les membres du Groupe de prévention du génocide au sujet du recours à la violence sexuelle dans les guerres et de la politique étrangère canadienne. Mme  Ensler est dramaturge, artiste de scène et militante; elle est l’auteure de la pièce de théâtre maintes fois primée, Les monologues du vagin, qui a été publiée dans 45 langues et jouée dans plus de 120 pays. Mme Ensler a créé une « ville de la joie » à l’intention des survivantes de la violence sexuelle dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle a soumis son analyse unique en son genre et des recommandations stratégiques aux membres du Groupe.

Visite sur le terrain en RDC avec le PNoWB

Le Réseau parlementaire sur la Banque mondiale (PNoWB) a invité le président du Groupe parlementaire multipartite pour la prévention du génocide et autres crimes contre l’humanité (le Groupe) à représenter le Canada au cours de sa prochaine visite sur le terrain en République démocratique du Congo. La délégation était dirigée par un parlementaire du Cameroun et était composée de six parlementaires de pays en développement et de six parlementaires de pays donateurs. Ce programme a permis à M. Paul Dewar de faire des évaluations politiques de la façon de mettre à profit l’aide au développement comme stratégie de prévention des conflits et de réconciliation après les conflits. Financée par une subvention du gouvernement finlandais, la délégation a rencontré des représentants et des parlementaires du gouvernement du Congo, des experts du domaine des ressources naturelles et des conflits, et des experts du développement et de la réconciliation après les conflits. La délégation a également inspecté un projet de développement de la Banque mondiale à Inga : un barrage hydroélectrique situé à environ 360 km de Kinshasa. Le président du Groupe a examiné ces projets d’un œil critique, ainsi que les politiques régissant actuellement l’aide bilatérale prodiguée par le Canada. Il rédigera au cours des prochaines semaines un rapport sur ses constatations.

« Réactions judiciaires nationales et internationales au génocide des Tutsis au Rwanda – Quinze ans plus tard »

L’ambassade de la République du Rwanda au Canada et l’organisation HUMURA (réseau de survivants à Ottawa) ont invité le président, M. Paul Dewar, à prendre la parole à l’occasion d’une commémoration du quinzième anniversaire du génocide au Rwanda. M. Dewar a présenté des réflexions sur la tragédie rwandaise et sur le manque de volonté politique d’intervenir. Il a affirmé l’importance du renforcement des institutions pour qu’elles soient bien adaptées aux situations humanitaires dans le monde d’aujourd’hui, et la nécessité de coopérer pour prévenir le génocide et le déni du génocide, et de s’attaquer aux défis juridiques liés au lancement de poursuites contre les perpétrateurs d’un génocide.

Rencontre avec la société civile

Le bureau du président a rencontré des représentants d’une quinzaine d’organisations non gouvernementales au sujet de la tenue d’une manifestation concernant le recours à la violence sexuelle contre les femmes dans les guerres. Les représentants ont fourni une rétroaction positive, les noms de personnes-ressources et des suggestions de conférenciers; ils continuent depuis de travailler avec le Groupe pour organiser cette manifestation.

La justice internationale et le génocide au Rwanda : Une première évaluation

L’organisation non gouvernementale Développement et Paix a rencontré le Groupe parlementaire multipartite pour la prévention du génocide et autres crimes contre l’humanité en vue de l’organisation d’un colloque sur le thème : « La justice internationale et le génocide au Rwanda : Une première évaluation ». Cette initiative se voulait une contribution à une première évaluation des instruments à la disposition de la justice internationale à l’égard du crime de génocide. Les thèmes suivants ont été retenus pour le colloque : -      les avancées et les limites du Tribunal pénal international pour le Rwanda; -      les défis que pose l’application de la loi de la compétence universelle aux instances nationales dans le cas du génocide rwandais; -      l’effet des mécanismes internationaux sur la pacification sociale du Rwanda. Le groupe d’experts était composé des personnalités suivantes : -      Hilary Homes, d’Amnistie internationale et du Centre canadien pour la justice internationale; -      Noël Twagiramungu, secrétaire général de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (LIPRODHOR), chercheur invité à l’Université Harvardy – W.E.B. Du Bois Institute for African and American Research; -      André Guichaoua, professeur de sociologie à l’Université Paris-I, Panthéon-Sorbonne, et spécialiste de la région des Grands Lacs en Afrique; il était à Kigali en avril 1994 et participe en qualité de témoin et d’expert à de nombreuses procédures judiciaires; -      Zarir Merat, chef de la mission d’Avocats sans frontières (ASF) au Rwanda depuis 2007; il coordonne le travail d’observation des juridictions gacaca. Il œuvre dans les domaines des droits et de la justice depuis plus de 25 ans.

Assemblée générale annuelle

Bien que l’assemblée ait été légèrement retardée en raison de « crises politiques », un nouvel exécutif du Groupe parlementaire multipartite pour la prévention du génocide et autres crimes contre l’humanité (« le Groupe ») a été élu. À cette réunion, les membres du Groupe ont accordé la priorité au Darfour, à la RDC, au Zimbabwe, au Sri Lanka, à l’Iran (Baha’is) et aux rapports Iran-Israël, comme zone préoccupantes, et à la violence sexuelle contre les femmes, à la persécution des minorités et à la justice après un conflit, comme sujets préoccupants.