12/06/09 Jour d’Action: RDC
LE SILENCE N’EST PAS UNE OPTION AU CONGO – QUE FAIT LE CANADA? », ONT DEMANDÉ LES PARLEMENTAIRES LORS D’UN JOUR D’ACTION.
Communique du bureau de la senatrice Mobina Jaffer
OTTAWA – « Le gouvernement canadien doit songer à jouer de nouveau un rôle en République démocratique du Congo ». Tel est le message qu’ont lancé hier à une conférence de presse la sénatrice de la Colombie-Britannique Mobina Jaffer ainsi que les députés Justin Trudeau, Paul Dewar et Keith Martin. Accompagnés par plus de 100 membres de la communauté congolaise canadienne, ces parlementaires ont tenu un jour d’action sur la Colline du Parlement afin de sensibiliser davantage l’opinion publique au sujet de la situation critique des femmes et des enfants au Congo et de l’urgence d’une intervention de la part du gouvernement conservateur.
« Le Canada doit réexaminer la demande des Nations Unies d’assumer un rôle de maintien de la paix au Congo », a dit la sénatrice Mobina Jaffer. Elle a ajouté : « J’ai invité ces femmes à venir sur la Colline du Parlement aujourd’hui pour qu’elles se fassent entendre, car le gouvernement canadien les a oubliées. »
Mme Jaffer a fait cette déclaration un an exactement après que le gouvernement conservateur eut rejeté la demande des Nations Unies pour que le Canada prenne le commandement de la mission de maintien de la paix au Congo.
L’an dernier, Robert Fowler, l’ex-ambassadeur du Canada aux Nations Unies est intervenu dans ce dossier. En effet, il a souligné que la décision du gouvernement de renoncer à jouer un rôle plus actif au Congo témoignait de l’abandon pur et simple du rôle de gardien de la paix joué traditionnellement par le Canada.
Le député Keith Martin a déclaré, quant à lui : « Au nombre des mesures importantes susceptibles d’être prises, le Canada peut inciter la communauté internationale à fournir les ressources nécessaires au contingent de 3 000 casques bleus supplémentaires approuvé pour la Mission des Nations Unies dans la République démocratique du Congo. Ce contingent doit être chargé de démanteler les milices hutues et de neutraliser les troupes gouvernementales déchaînées, qui commettent également des atrocités à une échelle massive. »
Le Canada possédant l’une des plus riches et fières histoires dans le domaine du maintien de la paix, on s’attend beaucoup de lui. Le député Justin Trudeau a dit : « Où est le Canada? Il ne répond pas à l’appel. Or, le silence du gouvernement canadien au Congo n’est pas une option… Le Canada avait coutume d’être un chef de file en matière de droits humains et de maintien de la paix. Il avait coutume d’être une voix sur laquelle le monde pouvait compter… Mais le monde se demande maintenant que si les Canadiens restent silencieux, c’est que n’est pas un vrai problème. Si nous n’intervenons pas, personne ne le fera. »
« Si nous nous contentons d’un rôle de spectateurs, alors nous sommes complices », a dit pour sa part le député Paul Dewar. « Ces femmes, a-t-il ajouté, vivent dans des conditions effroyables et nous voulons que le gouvernement canadien fasse ce qui s’impose. »
La guerre qui fait rage dans la République démocratique du Congo a été qualifiée de « guerre contre les femmes ». Des dizaines de milliers de femmes ont été victimes de viol comme arme de guerre à une échelle jamais vue dans le monde.
Dans la province du Kivu austral 27 000 agressions sexuelles ont été signalées en 2006 seulement. On estime que le nombre total de viols pourrait être de 10 à 20 supérieur. Dans certaines agglomérations, 70 p. 100 des femmes ont été violées. Pas moins de six millions de personnes, des civils pour la plupart, ont été tuées depuis 1998, soit plus que lors tout conflit depuis la Seconde Guerre mondiale.
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