Prévention du génocide en 2014 et au-delà: Adama Dieng, conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide

À son arrivée à Ottawa le 25 février dernier, l’honorable Adama Dieng a déclaré que son bureau avait décidé de renforcer son engagement auprès des parlementaires. Pour M. Dieng, les membres du parlement représentent l’entité la plus importante parce qu’ils expriment la volonté du peuple et jouent un rôle important en veillant à ce que le pouvoir exécutif suive la voie de la volonté populaire. Il a cependant indiqué que le défi consiste à amener les parlementaires à s’investir davantage dans la prévention du génocide et à assumer la responsabilité de protéger.

Se fondant sur son expérience, M. Dieng a rappelé aux parlementaires qu’aucun pays ni région ne peut s’estimer à l’abri de crimes masse ou d’un génocide. Pour cette raison, a-t-il dit, il faut demeurer vigilants – les atrocités de masse sont des processus et non des événements singuliers.

Au cours de la séance du GPG, M. Dieng a mentionné que la république centrafricaine suscite de vives inquiétudes. Il a fourni au secrétaire général et à d’autres collègues des Nations Unies un rapport sur la violence et sur l’interaction entre les parties. Dans ce rapport, il souligne le risque accru de violence sectaire. Il met aussi en garde la communauté internationale et invite ses collègues de l’ONU à déterminer les mesures à prendre dans l’immédiat, ainsi que les solutions durables et à long terme. M. Dieng mentionne également que la situation au Soudan est préoccupante. Par ailleurs, son bureau surveille la situation au Myanmar depuis 2009, mais les autorités locales hésitent toujours à le laisser entrer. En Syrie, le bureau du conseiller spécial a organisé, à l’intention des organismes de la société civile, une formation concernant l’après-conflit, car il croit fermement que nous devons y réfléchir dès maintenant.

M. Dieng se réjouit du leadership du sénateur Dallaire et du GPG, qui accordent une priorité à la prévention du génocide et font inscrire cette question au programme politique. Il a déclaré qu’il était temps pour le Canada de songer à institutionnaliser son rôle dans la prévention du génocide et des atrocités de masse, précisant que d’autres pays se sont dotés d’institutions et d’organes nationales qui comptent parmi leurs représentants des membres des ministères de la Défense et de la Justice.