Note de Violence Sexuelle

« Jusqu’à ce que la violence cesse : comment le Canada peut-il aider à mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre? »

Depuis des dizaines d’années, le viol et la violence sexuelle sont utilisés comme instruments de guerre. Ce phénomène prend cependant de l’ampleur dans les conflits contemporains où les distances entre civils et combattants diminuent. Ce sont principalement les femmes et les filles qui sont l’objet de violences sexuelles associées entre autres à des viols, des enlèvements et à l’esclavage sexuel, mais le nombre de victimes de sexe masculin augmente. On estime qu’environ 500 000 survivantes du génocide rwandais ont été victimes de viol. Dans les conflits en cours à l’est de la République démocratique du Congo et au Darfour (Soudan), toutes les parties belligérantes recourent à la violence sexuelle systématique comme arme de guerre.

Les femmes et les enfants étant beaucoup plus nombreux parmi les populations déplacées, ils sont plus susceptibles de subir des agressions sexuelles de groupes armés en maraude, car les femmes doivent quitter les camps de réfugiés ou de personnes déplacées pour chercher de la nourriture ou du bois à brûler.  De plus en plus, les milices rebelles et les troupes gouvernementales s’en prennent aux femmes et leur infligent des violences inimaginables.

Bien que l’impunité règne, le recours au viol et à la violence sexuelle dans les conflits constitue une grave violation des droits de la personne et du droit humanitaire international.  Ces crimes ont en effet des conséquences physiques, psychologiques et socio-économiques dévastatrices. Les préjugés, la discrimination et l’ostracisme dont sont l’objet pendant très longtemps les victimes de violence sexuelle ont des effets sociaux d’une portée considérable qui minent les familles et le tissu social.

Depuis trop longtemps, la communauté internationale demeure silencieuse devant ce fléau. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a néanmoins manifesté une évolution en adoptant les Résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008).

La communauté internationale doit cependant faire preuve de volonté politique et prendre les mesures vigoureuses qui s’imposent pour protéger les milliers de personnes exposées en permanence à la violence sexuelle et à ses conséquences. L’utilisation de la violence sexuelle dans les combats qui se poursuivent au Darfour, au Soudan, et dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo nous rappelle à tous que la lutte contre les génocides et les crimes contre l’humanité restent une question qui nous concerne tous, quelle que soit notre affiliation politique, et une nécessité toujours pressante aujourd’hui.  L’intensification de la perpétration de ces crimes démontre que cette lutte est loin d’être terminée et mérite qu’on y accorde une attention sérieuse.